Cheb Mami tourne une page douloureuse
« Le passé, c’est le passé ! ». La prison, les années de disgrâce… Cheb Mami veut oublier tout cela et en parle difficilement. Sa seule envie aujourd’hui, retrouver son public. Son premier concert, le 17 juin à Mazagan Beach Resort, après sa sortie de prison en mars, est un test pour celui qu’on surnomme le prince du raï. Et le public était au rendez-vous.
-L’Economiste : Votre premier concert, après la prison, vous l’avez réservé pour les Marocains. Pour quoi ?
Cheb Mami : Au début, je pensais effectuer mon retour par un concert en Algérie. Mais à cause d’un petit retard dans la planification du festival Timgad en Algérie, qui est prévu pour le 4 juillet, cela n’a pas pu se faire. J’ai eu alors une proposition pour les Mazagan Nights et j’ai tout de suite accepté. De toute façon, qu’il s’agisse du Maroc, de l’Algérie ou de la Tunisie, pour moi c’est la même chose. Nous avons la même identité, la même culture.
-Avez-vous un calendrier chargé pour les prochains mois ?
-Généralement, je ne programme pas mon planning sur le long terme. Mais j’ai déjà des dates précises. Ainsi, au Maroc, je participerai aux festivals d’El Hoceima et d’Oujda -Raï- en juillet. J’ai aussi une représentation le 5 novembre au Zénith, à Paris, quatre concerts dans les pays Scandinaves et deux autres spectacles au Canada. Je peux dire que ma carrière reprend tout doucement.
-Avez-vous bénéficié du soutien d’artistes lors de vos difficultés judiciaires ?
-Pas du tout ! D’ailleurs je n’attendais rien. C’est surtout le public qui m’a soutenu ainsi que ma famille, surtout ma mère qui a été formidable. Mais, une chose est sure, je veux tourner définitivement cette page douloureuse et retrouver mon public, composer de nouveaux albums. Le passé est passé.
-Justement, vous avez commencé à composer un album en prison. Est-il prêt ?
-Il est en cours de finalisation. Je le travaille dans mon studio à Oran. Il devrait sortir début 2012.
-Comment expliquez-vous le vide observé sur la scène du Raï ?
-Peut être c’est un manque d’inspiration… Auparavant, nous étions obligés de donner de la qualité pour nous aligner avec les anciens qui ont excellé dans ce domaine musical. Actuellement, il y a peu d’originalité et la relève me semble peu motivée. Dans la chanson, il faut toujours avoir un esprit de compétitivité. Ce qui manque aujourd’hui.
-Et vous, quelles sont vos sources d’inspiration ?
-Toutes sortes de musiques. Une belle mélodie reste meilleure, qu’elle soit arabe, chinoise, indienne ou autres.
Moi j’écoute tous les genres musicaux et je m’en inspire pour composer une nouvelle mélodie différente.
-Parmi vos chansons, quelle est celle que vous préférez ?
-C’est comme si vous demandiez à une mère quel est son enfant préféré. Mes chansons, ce sont mes bébés et je les aime toutes.
-Vous avez chanté avec des stars internationales. C’est ce qui fait votre particularité…
-Oui, peut être ! J’ai eu beaucoup de chance d’être sollicité par plusieurs grands artistes. Entres autres, Zucchero pour la chanson « Cosi Celeste », Sting ou Samira Said et bien d’autres. Ces duos ont eu beaucoup de succès et j’en suis fier. Pour mon prochain album, il y aura un nouveau duo.
-Où avez-vous fixé votre domicile, en France ou en Algérie ?
-Les artistes n’ont pas une résidence fixe. Je me sens bien partout, en France ou en Algérie, peu importe du moment que je fais quelque chose qui me plaît et que je suis entouré des gens que j’aime.
Propos recueillis par
Intissar BENCHEKROUN